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La danse orientale un peu, beaucoup... passionnément!

Cours, stages et spectacles de danse orientale à Paris 13ème, 14ème et Puteaux (92). Professeur-chorégraphe: Isia

Les différents styles de danse orientale enseignés

Dernière mise à jour de cet article: lundi 3 mars 2014

 

Introduction

 

La "danse orientale" est une appelation au sens large comme on pourrait dire la danse européenne, américaine, asiatique... Il existe différents styles de danse orientale selon les pays, les régions, les époques et les musiques. 21ème siècle oblige, les styles ruraux et traditionnels se perdent et les fusions émergent.

La danse orientale est traditionnellement dansée par les femmes qui expriment, par cet art, leur féminité, leur vitalité et leurs sentiments, joies et peines.

Voici la liste des styles que j'enseigne, brièvement décrits.

 

 

Le raqs al sharqi (littéralement: danse de l'orient)

 

Il s'agit du style le plus connu, le plus populaire et celui que je pratique et que j'enseigne le plus. Il se danse sur des musiques faites pour la danse orientale, que l'on surnomme actuellement des "routines", sur des classiques de la chanson égyptienne (Oum Kalthoum, Farid El Atrache, Abdel Halim Hafez, Mohamed Abdel Wahab... ) et sur des chansons actuelles libanaises ou égyptiennes.

Il est sophistiqué, contrasté, subtil et terriblement féminin...

Il peut s'accompagner d'accessoires aériens, surtout en début de spectacle car, ils font de belles entrées valorisantes, tels que: un voile, deux voiles, des ailes d'Isis ou des éventails en soie (voir plus bas).

A noter que le set d'une danseuse orientale professionnelle, soliste, en cabaret, avec de la musique en live (orchestre), se déroule dans cet ordre-là: entrée sur une routine accompagnée d'un voile (ou d'un autre accessoire aérien), baladi puis, percussions pour le bouquet final!

Dans les restaurants et les soirées privées, le public aime que le set de la danseuse se termine par une invitation à la danse de sa part, sur des chansons, et plus particulièrement sur les derniers tubes orientaux à la mode, pour mettre l'ambiance, entraînant ainsi, tout le monde sur la piste de danse.

 

Un peu d'histoire...

 

On pense que l'origine de cette danse remonte aux anciens rites de fertilité, associés à la fois à la religion et à l'ésotérisme. Très peu de sources valables d'informations sont accessibles sur le sujet - on n'y était pas et la danse est un art éphémère qui ne laisse pas de trace contrairement au dessin, à la peinture... - . Voilà pourquoi, en raison de ce flou, il existe autant de mythes et de fantasmes (de "marketing"?) autour des origines et de l'évolution de cette danse.

Jusque dans les années 1930, l'Egypte ne connaît, en public, que les danses folkloriques pratiquées en groupe, et en privé, que les danses de femmes entre elles, chez elles. A partir de cette époque une femme va jouer un rôle décisif: Badia Masabni. Originaire de Damas, elle émigre au début des années 1920 au Caire et commence à tisser des liens avec le monde du théâtre. Après de nombreuses difficultés aussi bien d'ordre professionnel que familial, Badia réussit en 1926 à ouvrir un théâtre de musique et de danse, l'Opéra Casino. Grâce à des cours de danse organisés juste pour les femmes, elle forma des danseuses telles que Samia Gamal ou Tahia Carioca. Badia Masabni puis, Samia Gamal puis, Nelly Mazloum (ancienne danseuse classique) puis, Mahmoud Reda (ancien gymnaste), ajoutèrent à la danse égyptienne de nombreux éléments du ballet classique européen tels que l'utilisation de l'espace scénique et les mouvements de bras.

L'Egypte devint rapidement un centre essentiel de la danse orientale, concurrencé exclusivement par le Liban. Lorsque la guerre civile éclata dans ce pays (1975-1990), l'Egypte demeura le seul pays dans lequel la danse orientale était pratiquée sur scène.

 

Suite à venir

 

Proposition de tenue de spectacle: à venir

 

 

Le baladi

 

Le baladi ("du pays" ou "mon pays" en arabe) est né dans les faubourgs du Caire au début du 20ème siècle pendant la présence britannique. L'Egypte est un ex-protectorat du Royaume-Uni (1881-1936).

Il s'agit du style populaire rural, le shaabi, mêlé aux influences de la ville avec l'arrivée des premiers instruments occidentaux comme l'accordéon, le saxophone, la trompette et la clarinette. On n'y trouve pas l'instrument classique, le kanun, ni les instruments du saïdi, le mizmar, l'arghul et le rabâb.

Le baladi est à la fois le nom de la danse et de la musique sur laquelle elle est effectuée. Elle se pratique souvent pieds plats, les pieds et le bas du corps bien ancrés dans le sol; avec de la puissance dans le bassin et des bras près du corps. C'est une danse "intérieure" sur une sorte de "blues" égyptien. On passe du calme à la transe ou de la tristesse à la joie avec ou sans sourire: on danse avant tout pour soi, sans se soucier du regard de l'autre. La gestuelle n'est pas spectaculaire et l'interprétation a un petit supplément d'âme dû au ressenti de la musique qui emporte... Cette musique débute lentement, s'accélère, s'emporte et redescend... Un torrent d'émotions...  

 

Proposition de tenue de spectacle: robe longue et près du corps (galabiya - équivalent de la djellaba en Egypte), foulard noué autour des hanches (avec ou sans sequins - l'ancienne monnaie égyptienne - , pompons... ), foulard sur la tête (avec ou sans sequins, pompons... ), bijoux à sequins et/ou croissants de lune.

 

 

Les percussions (appelées aussi "tabla solo" ou "drum solo")

 

Danse sur une musique très dynamique se rapprochant, selon les oreilles néophytes, de la musique traditionnelle africaine.

Les mouvements sont secs, rapides et rythmés. Danser sur des percussions requière beaucoup d'énergie, de technique et notamment la maîtrise de l'isolation des mouvements, des vibrations, des accents marqués. Le tout dégage beaucoup de joie, de bonne humeur et termine parfaitement un spectacle. Sourire obligatoire!

 

 

Le voile

 

Accessoire le plus utilisé et le plus populaire de la danse orientale. Il est aussi pratique à ranger et à transporter.

Il est apparu dans les années 20, dans les premières comédies musicales du cinéma égyptien. Il a longtemps été utilisé par les danseuses uniquement pour leur entrée. Son utilisation s'est développée depuis quelques décennies aux Etats-Unis où les danseuses ont créé de multiples figures.

Danse fluide et aérienne, subtile et gracieuse, faite de déplacements, tournoiements, arabesques...

 

Avec cet accessoire, on danse sur de la musique sharqi, une musique lyrique et sentimentale issue des danses de cour de l'Empire Ottoman (1299-1922) dans laquelle apparaissent des instruments orientaux. La présence d'anglais et de français dans les cabarets, à cette époque-là, influença les orchestres.

Instruments:

* le violon

* le oud ("guitare" arabe)

* le kanun

* tabla (percussion)

* nay (flûte)

* ...

 

Les tissus des voiles sont généralement de la mousseline de polyester, de l'organza ou de la soie, le tout orné, ou non, de galons (de paillettes dorées, argentées... de perles... ).

Il existe deux formes de voiles:

* voile rectangulaire: dimensions entre 2m30 et 2m50 (en fonction de la morphologie de la danseuse) sur 1m10

* voile demi-lune (appelé aussi "demi-cercle" ou "demi-circulaire"): voile aux bords inférieurs arrondis

 

 

Le double voile

 

La pratique du double voile est récente et nous vient des Etats-Unis (j'en ai vu pour la première en 2005 dans le spectacle de la Compagnie "Bellydance Superstars" aux Folies Bergère).

Elle consiste à manipuler deux voiles de même taille, de même poids et de couleurs différentes (généralement, de forme demi-lune), en même temps ou alternativement.

 

 

Les ailes d'Isis

 

Accessoire apparu dans les années 80 et inspiré des représentations de la déesse égyptienne Isis. Les danseuses et danseurs faisaient des entrées avec une cape plissée ressemblant aux ailes d'Isis. Des bâtons se sont ajoutés à la cape, aux Etats-Unis, développant ainsi cet accessoire et ses multiples possibilités.

Les ailes d'Isis sont composées de 2 larges demi-cercle plissés, reliés au cou par un bandeau. Un bâton se trouve à l'extrémité de chaque aile glissé dans une poche, permettant de manipuler les ailes et de créer des figures.

La danseuse s'envole tel un papillon... et apporte mystère et théâtralité à sa danse.

 

Avec cet accessoire, on danse sur de la musique remixée, moderne ou rétro (du type musique de film péplum pour un univers "Egypte Antique"), aux différences de rythmes marquées permettant de valoriser les figures imposantes et spectaculaires des ailes.

 

Il existe deux types de tissus pour les ailes:

* en tissu lamé aux reflets métalliques et lumineux: conseillé pour un spectacle sur une scène au fond noir

* en organza semi-transparent à reflets: conseillé pour un spectacle sur scène au fond clair ou en plein air

Conseil pour garder ses ailes d'Isis en bon état: ne pas les laisser pliées dans un sac, ce qui ajouterait d'autres plis dans d'autres sens, mais, les laisser pendre dans votre armoire.

 

 

Les éventails en soie (appelés aussi "fan veils")

 

Les éventails en soie sont d'origine chinoise et sont apparus dans les spectacles de danse orientale il y a quelques années. Ils apportent de la poésie et de la délicatesse à la danse.

A noter que la plupart des articles de danse orientale sont maintenant fabriqués en Chine.

 

Avec cet accessoire, on danse sur de la musique remixée ou moderne, aux différences de rythmes marquées permettant de valoriser les figures vaporeuses des éventails.

 

 

La canne

 

La "danse de la canne" ("raqs el assaya") ou "danse du sud" ("raqs saïdi") est une danse des campagnes de Haute-Egypte (le sud).

Il s'agit, à l'origine, d'une danse d'hommes ("raqs tahtib") car ceux-ci se servaient du bâton comme d'une arme. Cela a sans doute pris de l'importance en Egypte car, le port d'un sabre ou d'un couteau a été interdit par les sultans turcs afin d'empêcher d'éventuelles révoltes. La danse représentait donc un combat.

Les femmes ont repris cet accessoire et l'ont féminisé pour créer une danse joyeuse, terrienne et complice. Cette appropriation de la danse de la canne par les femmes peut avoir plusieurs origines: l'utilisation du bâton pour rassembler les chameaux et pour faire tomber les dattes des arbres, ou encore une volonté de parodier la danse des hommes.

 

Mouvements:

Hommes: Comme il s'agit de représenter un combat, la danse est souvent effectuée par deux hommes. Le bâton est frappé contre le sol ou celui de l'adversaire, gestes d'accroupissement, tours, le but étant de ne jamais perdre son bâton. Tenue: galabeya bleue et turban blanc.

Femmes: Mouvements espiègles (contrastant avec l'atmosphère martiale de la danse des hommes). Beaucoup de petits pas, vibrations et petits sauts. Faire tourner le bâton à droite, à gauche du corps ou au-dessus de la tête. Le bâton souligne ou encadre les mouvements des hanches.

Dans les deux cas, hommes et femmes, le style est rural donc, ancré dans le sol avec un centre de gravité bas et des mouvements de hanches puissants. Une des caractéristiques est la marche en rebond alors que, dans les autres styles de danse orientale, la tête doit rester au même niveau quels que soient les mouvements.

 

Avec cet accessoire, on danse sur de la musique saïdi. Le rythme saïdi est: doum tak doum doum tak. Cette musique se caractérise par des mélodies lancinantes.

Les instruments typiques du saïdi sont:

* le mizmar (sorte de clarinette à un ou deux embouts qui produit des sons suraigus)

* l'arghul

* le rabâb

ainsi que,

* tabla

* les sagattes

* le nay

* ...

 

La canne le plus souvent utilisée en cours et en spectacle est en bambou fin (mais la "véritable" canne est en bois ou en bambou épais), recouverte de ruban doré, argenté... avec une crosse. Sa bonne hauteur est celle de la hanche de la danseuse, lorsqu'elle est posée au sol.

 

Proposition de tenue de spectacle: la même que celle du baladi (voir plus haut). Il arrive que la tenue soit celle du raqs sharqi si la chorégraphie de canne est présentée après une chorégraphie de sharqi et si la (ou les) danseuse ne peut, ou ne veut, pas se changer.

 

 

La fusion bollywood (appelée "bellywood" ou "bolly-belly")

 

Danse fusion mêlant la danse orientale à la danse bollywood sur de la musique fusion ou bollywood.

L'appellation de ce style vient de la contraction entre le mot anglais "belly" ("ventre", la danse orientale étant appelée "bellydance" - danse du ventre - dans les pays anglo-saxons) et le mot "bollywood".

La danse bollywood est une danse populaire présentée dans les comédies musicales du cinéma indien. Le mot "bollywood" est la contraction entre les noms des villes de Bombay et d'Hollywood, les deux villes les plus productives au monde en matière de cinéma. Ces films rencontrent beaucoup de succès en Inde, au Pakistan, au Sri Lanka... et aussi au Maghreb, au Proche et au Moyen-Orient.

Cette danse puise son inspiration dans les danses indiennes traditionnelles (kathak, baharata natyam, bhanghra, odissi... ) et s'ouvre aux influences modernes.

Des chansons romantiques, des mains qui racontent, des bras angulaires, des tours arrêtés, des regards... beaucoup d'énergie et de joie... le tout mêlé à la rondeur et à la féminité de la danse orientale.

Ce style donne de très belles chorégraphies de groupe dynamiques et colorées.

 

Proposition de tenue de spectacle: jupe longue ample et/ou pantalon; brassière indienne (choli) avec ou sans manches, en coton, soie ou velours strech; ceinture à sequins; bindi au front (rouge, noir ou fantaisie) et de nombreux bracelets aux bras. Couleurs utilisées: vives: fuchsia, vert, orange, violet, rouge, bleu, or... éviter le blanc (couleur de deuil en Inde), le noir et plus particulièrement, l'association du rouge et du noir qui est de mauvaise augure.

 

 

Sources: mes professeurs, mes lectures et mes bonnes rencontres (dont les membres de l'association ODC - Le Cercle des Danses Orientales)

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À propos

Isia

Professeur-chorégraphe de danse orientale à Paris et Puteaux, depuis 2001
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